Un article d'Étienne Théberge publié dans le journal 24 H le 8 décembre 2011
La violence conjugale n’épargne aucune ville, et c’est particulièrement vrai à Montréal, elle qui se classe au deuxième rang des régions les plus affectées par ce fléau au Québec.
C’est du moins ce qu’on constate à la lecture du Portait de santé du Québec et de ses régions.
Montréal, avec 543 crimes conjugaux annuels moyens par tranche de 100 000 habitants entre 2005 et 2009, arrive deuxième derrière la Côte-Nord ( 771) mais fait pire que l’Outaouais ( 495 ) et l’Abititbi-Témiscamingue ( 491 ). Laval vient au septième rang ( 399 ).
Les données regroupent autant les menaces de mort, les voies de fait ou encore le harcèlement. Ces taux seraient relativement stables d’année en année.
15 000 appels
Pour Vincent Richer, responsable du dossier de violence conjugale au Service de police de la Ville de Montréal ( SPVM ), ces chiffres en apparence alarmants pourraient simplement refléter un taux plus élevé de dénonciations.
« C’est certain que la proximité des habitations à Montréal aide un peu. Le faible niveau d’insonorisation des logements fait aussi en sorte que les voisins entendent tout ce qui se passe. Ça facilite la dénonciation », suggère-t-il.
Les crimes conjugaux représentent également un type de méfait particulier en regard des autres crimes à caractère moins personnels.
« C’est une problématique complexe, car les gens ont eu une relation amoureuse, donc une dynamique de couple, de contrôle et d’abus s’est créée au fil des ans », explique-t-il, ajoutant que la violence conjugale représente 15 000 appels logés au centre de répartition du SPVM chaque année.
Une partie de ces appels viennent des femmes immigrantes. Celles-ci affrontent un défi encore plus grand selon Patrizia Vinci, de l’organisme Femmes du monde.
« Souvent, elles n’ont pas de famille et pas d’amis, donc pas de support. Elles souffrent davantage de l’isolement. Elles connaissent peu la langue. C’est très difficile pour elles », affirme Mme. Vinci.
La crainte de subir les jugements de la part de la communauté empêchent souvent ces femmes en détresse de demander de l’aide.
Violence conjugale à Montréal ( moyenne annuelle )
• Appels à la police 15 000
• voies de fait 3392
• agressions sexuelles 1112
• menaces 636
• harcèlement criminel 434