Table de concertation en violence conjugale de Montréal

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Présentation des communautés ethnoculturelles

Chaque année, Montréal accueille un nombre important de personnes venues d'un peu partout à travers le monde. Entre 1993 et 2002, le Québec a accueilli 320 000 immigrantes et immigrants et 127 900 entre 2004 et 2006.

iStock_000010256394SmallC'est à Montréal que 85% des personnes immigrant au Québec décident de s'installer et de vivre. Selon les données du recensement canadien de 2001, les personnes immigrantes représentaient 27,6% de la population montréalaise (Statistique Canada).

Cette réalité montréalaise n'est pas sans conséquences sur l'offre de services et l'intervention auprès des femmes , hommes et enfants provenant des communautés ethnoculturelles qui sont aux prises avec un contexte de violence conjugale.

En contexte migratoire, l'adaptation à la société d'accueil comporte de nombreux obstacles et difficultés et ce, pour un grand nombre de personnes immigrantes. À titre d'exemples, mentionnons :

  • La séparation, parfois définitive, d'avec les membres de la famille et, souvent même, d'avec les enfants laissés dans le pays d'origine le temps de stabiliser quelque peu la situation;
  • La rupture avec les valeurs et les traditions du pays natal;
  • La non reconnaissance des acquis qui vient complexifier la recherche d'emploi et alimenter une précarité financière.

Ce contexte est d'autant plus difficile pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants qui sont davantage vulnérables et isolés socialement. En outre, certains autres facteurs tels la précarité du statut à l'immigration, la méconnaissance des langues d'usage, des droits, des lois et des ressources d'aide susceptibles de les protéger et aider engendrent un profond sentiment d'impuissance et d'exclusion sociale, les plaçant inévitablement dans un contexte à risque plus élevé.

Il est certain que les problèmes liés à l'immigration récente s'avèrent importants, mais il ne faut toutefois pas oublier qu'un grand nombre de femmes installées au Québec depuis plusieurs années se voient encore confrontées à ces mêmes difficultés. La précarité financière et l'isolement social demeurent le lot de plusieurs femmes victimes de violence conjugale malgré les nombreuses années passées en sol québécois. Combien d'entre elles demeureront avec le conjoint violent pour ne pas déshonorer la famille et la communauté ?

Devant une telle réalité, il n'est donc pas étonnant de compter parmi les grandes priorités de la Table le dépistage des victimes provenant des communautés ethnoculturelles ainsi que l'adaptation des services communautaires et publics aux besoins des femmes, de leurs enfants et des hommes qui exercent de la violence à leur endroit.

Pour ce faire, la Table considère essentiel de développer des mécanismes de concertation, de partenariat et d'échange d'expertise entre les différents acteurs sociaux impliqués en violence conjugale et les organismes oeuvrant auprès des communautés ethnoculturelles. Cette collaboration intersectorielle est précieuse car, non seulement permet-elle l'émergence d'actions concertées, mais elle favorise aussi une réponse mieux adaptée aux besoins ressentis par les membres de ces communautés.

À ce titre, la Table a intégré à sa structure un comité permanent formé d'experts en la matière responsable de favoriser la réflexion, la mise en commun des connaissances et l'élaboration de projets et de nouvelles initiatives afin de mieux rejoindre ces personnes et améliorer l'aide qui leur est offerte.

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